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Feelings itinérants

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#1 Faire une pause
Cela fait presque 3 mois que nous avons quitté Nantes. 13 pays traversés, 18489 km parcourus, plus de 8000 photos prises et 65000 mots écrits. Et on n’a pas chaumé, on en a vu des choses, rencontré des gens, gouté des spécialités, testé des activités. Nous vivons notre voyage à 100% et n’oublions jamais la chance que nous avons. Nous bougeons tous les jours, routes, ferry, tunnels, ponts sont empruntés et notés sur notre carte. Mais depuis peu nous ressentons l’envie de nous poser, d’installer un campement, de prendre le temps, de rester plus de quelques heures ou plus d’une nuit à un endroit. Sur ces trois premiers mois de roadtrip, nous réalisons qu’il n’y a que deux jours où nous n’avons pas conduit. Nous décidons d’en ajouter un troisième ! Nous trouverons un joli coin accueillant et nous y resterons, un, deux ou trois jours peut-être. Pour cela il faudrait aussi qu’il s’arrête de pleuvoir et de faire 10°, car ça n’aide pas vraiment à se lover dans un hamac, ou à jouer de la guitare sur un rocher. Le froid nous contraint au confinement. Du coup enfermés dans le van on a plutôt envie d’avancer et de rouler. Quand le cercle vicieux frôle le vertueux…

© Bertrand Lanneau

© Bertrand Lanneau

#2 L’itinérance sédentarisante
C’est amusant comme sillonner les routes européennes aiguise notre sens de l’observation. En même temps notre regard est l’outil numéro un de ce voyage. Nos yeux se posent sur les paysages, les routes, les couleurs, les lumières, les animaux, la végétation, les maisons qui nous entourent. Des maisons on en voit de toutes les formes, de tous les styles, et de tous les âges. Sans se l’être vraiment dit nous dressons une liste secrète de nos coups de cœurs et imaginons la maison que nous pourrions avoir à notre retour. Des murs de pierres inégales ou de bois colorés ; un toit de chaume ou un toit végétal ; la géométrie d’une maison d’architecte ou la beauté d’une vieille bâtisse ; une terrasse ou une baie vitrée ; un trampoline ou une balançoire dans le jardin ; un potager ou un verger ; un sauna ou un jacuzzi… ? Ces questions nous amusent car elles sont déconnectées de la vie de nomade que nous menons actuellement. Mais comme quoi même à l’autre bout du continent nous ne pouvons nous empêcher de nous projeter dans la vie qui nous attend à notre retour. Cette maison que nous construisons à l’imaginaire sera peut-être notre prochain grand projet, et il sera né de tout ce que nous voyons et vivons maintenant, sur les routes, dans toute l’Europe.

© Bertrand Lanneau

© Bertrand Lanneau

#3 Vivre dans 6m2 sur roues
La lumière du jour perce à travers les interstices des rideaux de notre van et vient chatouiller nos visages. Le réveil au rythme du soleil est très agréable. Pas de sonneries de portable ou de vibreur perturbateur. On s’étire, puis chacun son rôle : Elsa roule les draps, replie le lit et installe le petit déjeuner, Bertrand fait le tour des fenêtres pour lever les rideaux, et ranger les affaires. Les habitudes s’installent vite même hors du quotidien. Thé, biscottes et céréales avalées, nous consultons la carte et décidons de notre destination. Un des moments les plus agréables. La liberté d’aller où bon nous semble. Choisir puis partir.
Sur la route Bertrand conduit plus souvent qu’Elsa car il s’ennuie quand il est passager. Comme tout couple au volant, pilote et copilote sont parfois en désaccord mais ça ne dure jamais très longtemps. Toutes les haltes sont possibles, tous les détours aussi. Les pauses « toilettes publics » sont les plus fréquentes, et s’il y a un lavabo on en profite pour faire notre vaisselle et préserver nos 30L d’eau potable.
La journée se rythme par nos visites, nos excursions, nos contemplations et nos rencontres. Quelques mots échangés avec les locaux, quelques conseils partagés avec les voyageurs. Nous nous nourrissons de chaque sourire, chaque accent, chaque histoire. C’est important de ne pas rester enfermés dans notre cocon sur roues, de rester ouverts aux autres.
Quand le soir vient nous cherchons notre « spot à dodo ». Il faut qu’il soit discret, agréable, et plat pour ne pas se tomber dessus en dormant. Occupé ou non, peu importe, ça ajoutera des visages à notre voyage. Le coucher se ritualise aussi, « chaque chose à sa place » est la règle d’or de la vie en van. Dans l’étroit mais confortable lit de Patrick nous ne manquons de rien. Toutes nos affaires nécessaires logent dans ce camion. Nous réalisons la futilité d’un tas de choses que nous croyons utiles mais qui ici ne le sont pas. Nous avons peu mais ça nous semble tout. Bonne nuit à vous.

© Bertrand Lanneau

© Bertrand Lanneau

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3 Comments

  1. Douget Roger & Pierrette says

    Les derniers mots de votre billet me font penser à certains camping caristes qui ont vraiment besoin d’un véhicule de 8 ou 9 m de long pour être à l’aise, et “avoir tout”. Nous sommes satisfaits de notre fourgon de 6m, lit permanent de quoi faire une sieste sans chambouler l’aménagement intérieur. On se faufile partout comme avec une voiture, sauf dans les parking avec les barres de hauteur à 2 m, on roule normalement sans gêner les gens normaux (les autres doublent, pour gagner 1 minute ou moins de temps de trajet, j’espère que cette minute gagnée est vécue à 100%)
    Notre salle d’eau dans laquelle nous passons moins d’un quart d’heure par jour nous suffit. La consommation de carburant n’est guère plus importante que celle d’une voiture moyenne.
    Beaucoup de superflu dans la vie donc, suscité par les pratiques mercantiles des grands groupes financiers qui nous nous gouvernent, ou plutôt qui gouvernent nos gouvernements.
    Bonne continuation.
    R&P

  2. Elsa & Bertrand says

    Merci de votre suivi fidèle! Nous continuons notre périple en essayant de le vivre à 100% pour vous partager de belles photos et de beaux moments.
    A très bientôt donc!

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