Articles phares, Exploring Europe 2016
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Feelings orientaux

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Nous nous sentons en dehors du temps. Comme suspendus au-dessus de la réalité, au-dessus de notre société. Pour nous, pas de lundi morose, pas de pause déjeuner avec les collègues, pas de verre en terrasse avec les amis, pas de vendredi joyeux, pas de plans pour le week-end, pas de métro-boulot-dodo, pas de vacances. Nous perdons la notion du temps, c’est une sensation étrange. Nous nous sentons en marge, échappant à toute norme. Sans rythme c’est comme si le temps ondulait, s’étirant parfois ou accélérant soudainement. Écrire un journal de bord aide à garder un œil sur le calendrier. Mais les jours de la semaine et les dates ne signifient plus grand chose. Le weekend-end n’existe plus sans la semaine et inversement. Chaque jour est à définir. A nous de lui donner sens. Nous vivons au jour le jour, pleinement, librement.

© Bertrand Lanneau

© Bertrand Lanneau


Il arrive que nous renommons certain jour : la journée de la loose. Le plus souvent c’est que la destination du voyage a foiré (fermé aujourd’hui, n’existe plus, mauvaise coordonnées GPS…). Dans ce cas-là nous reprenons la route vers le point suivant. Et si nous avons à faire à une vraie « journée de la loose » vont s’ajouter des bouchons, ou un manque d’espèce face à quelqu’un qui ne prend pas la carte bleue… Heureusement nous n’en vivons pas souvent, mais quand ça arrive, on souffle, on relativise, on positive et le soir venu tout va mieux car on sait que deux « journées de la loose » d’affilé ça n’existe pas.

© Bertrand Lanneau

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C’est en rencontrant des polonais que nous nous rendons compte que notre rythme culinaire est assez similaire au leur ! Tôt le matin, car ils travaillent tôt (vers 7h) ils petit-déjeunent salé. A midi ils s’offrent un léger en-cas (sandwich et fruit). Quand ils débauchent tôt (vers 16h) la famille a son plus gros repas ensemble entre 16h et 17h, entrée, plat en sauce et ses accompagnements, salade et parfois dessert. Puis à la fin de soirée ils soupent léger souvent du pain, des légumes frais, de la charcuterie et du fromage. Une petite vodka pour aider à la digestion et au lit ! Rien à voir donc avec le rythme français. Et pourtant donc, sans le savoir, nous sommes proche du rythme polonais depuis le début de notre voyage. Nous petit déjeunons autour de 9h puis nous attendons d’avoir faim pour manger. La plupart du temps notre gros repas est donc vers 17h. Et ensuite avant de dormir, vers 23h une petite tisane accompagnée de quelques gâteaux secs. Ce rythme nous convient bien. Il ne manque que la petite vodka !

© Bertrand Lanneau

© Bertrand Lanneau


L’arrivée en Pologne est marquée par un nombre incalculable de camions sur les routes. On ne sait pas d’où ils sortent et où ils vont mais ils sont là. Ils envahissent la route, les aires de repos et les parkings de restaurants de fortune. Nous nous armons de patience et attendons le moment opportun pour doubler et (enfin) rouler à un peu plus de 60km/h.


Nous   avons visité les camps d’Auschwitz. Je ne sais pas quoi écrire ou même si j’ai envie d’écrire. Je citerai Dana Rolin-Bosak qui nous avait convaincus d’y aller avec ces mots : « ça va être dur, mais une fois que vous l’aurez digéré, la vie sera plus belle. Il faut vivre pour eux ».

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1 Comment

  1. Douget Roger & Pierrette says

    Ah ces polonais, je les ai vus au restaurant de mon entreprise, en 1985, ils attaquaient par les entrées froides, puis prenaient leur potage et le plat chaud, avec du vin, pas de vodka. Par contre lors de leur sortie du dimanche ils rentraient tous bien avinés, à mon avis c’est un manque d’habitude, et comme le vin est moins alcoolisé que la vodka ils en buvaient en grande quantité; ils n’étaient pas toujours beaux à voir.

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