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Nomade des Mers, ou l’aventure des low-tech

Gold of Bengal
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Le projet Nomade des Mers tire ses racines dans le végétal. Des racines de végétal, jusque là tout va bien.

jute

Le jute blanc Corchorus capsularis

2009. Corentin de Chatelperron travaille au Bangladesh dans un chantier naval, et, comme tout bon ingénieur digne de ce nom, réfléchit. La fibre de verre, matériau “incontournable” de la construction de bateaux, ne nourrirait-elle pas les racines du mal? Corentin songe a remplacer ce composite importé, cher et polluant par de la fibre de jute. Le jute (Corchorus capsularis L.), denrée locale et abondante, possède en effet des caractéristiques techniques étonnantes.

Sciences appliquées oblige, Corentin doit transposer ses réflexions théoriques à la pratique, et construit le premier bateau associant fibres de verre et de jute (60/40). Sciences appliquées? Il rejoint en solitaire la France depuis le Bangladesh sur ce petit voilier, lors d’une petite balade de 186 jours et 9 000 milles (16 700 km kilomètres). “L’aventure de Tara Tari” lui permet de gagner en crédibilité et notoriété pour fonder Gold of Bengal. De ce projet de R&D autour du jute nait en 2013 un second bateau 100% composé d’agrocomposite renforcé en fibres naturelles de jute.

Gold of Bengal

Expédition “Tambarat”, Simeulu, Aceh, Indonesia

Lors de ces différentes aventures nomades en mer, Corentin s’est frotté à une quête d’autonomie totale (et embarque serres, poulaillers, déssalinisateurs manuels, etc). Mais de ces expériences ressort un constat fort : ce qui est ici un désir d’autonomie est le plus souvent dans le monde une nécessité, et qu’il existe peu de recherche et de solutions accessibles qui faciliteraient pourtant le quotidien de millions de personnes.

Gold of Bengal

Expédition “Tambarat”, Simeulu, Aceh, Indonesia

C’est ainsi que germe (le végétal, toujours) le projet Nomade des Mers autour du développement des “low-tech” (en opposition aux high-tech). Parent pauvre de la recherche traditionnelle, les low-technology sont des dispositifs d’autonomie répondant aux principes forts d’être utiles, accessibles, et respectueux de l’environnement. L’objectif du projet ?

“Créer une plateforme de recherche collaborative en ligne pour rapprocher des inventeurs ingénieux de tout horizon, de toute culture et de toute spécialisation pour palier le manque de moyens financier, humains et matériels alloués à la recherche sur les low-tech.”

En 2016, Nomade des Mers part pour une grande expédition de 3 ans autour du monde à la voile pour prêcher et accueillir la bonne parole des low-tech. Il sera question d’expérimenter, démontrer, explorer, et promouvoir.


 

Corentin de Chatelperron, pour Drive your Adventure, 11 juin 2015

Quelle aventure itinérante vis-tu en ce moment?
Je prépare avec mon équipe une grande aventure de nomade sur un grand catamaran autour du monde. Nous voulons voir si on peut y vivre en autonomie avec des low-tech (technologies qui peuvent être fabriquées partout). Pour ça on va inviter à bord des MacGyvers qu’on trouvera au fil de notre itinéraire. En ce moment on prépare l’expédition, c’est une autre forme d’aventure itinérante 🙂

Quel est ton moyen de transport pour la vivre?
Un grand catamaran de 60 pieds (18m) réaménagé en véritable laboratoire pour élever des insectes comestibles, faire pousser des plantes en hydroponie, recycler des déchets plastique, un poulailler … tout un écosystème embarqué!

Que t’apporte le voyage nomade?
La légèreté, le dynamisme et la liberté. Être mobile ça impose de ne pas s’encombrer de choses futiles. Ne pas être entouré de choses futiles ça permet d’être moins sollicité par le matériel, vivre plus pleinement les expériences et être plus libre. Être Nomade c’est aussi ne pas être pantouflard, ça force à rester vif et dynamique!”

As-tu déjà voyagé en van aménagé?
Il avait la taille d’un Van aménagé, l’équipement d’un van aménagé, même l’esprit d’un van aménagé… mais c’était un bateau.

Quelle serait ta prochaine aventure en van?
Le van est le moyen de voyager qui permet le plus d’improvisation, donc j’attendrais la veille du départ pour décider en fonction de mon humeur, de la météo et des opportunités!

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