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Un condensé de Grand Nord

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RÉCIT DE VOYAGE

O Norvège, paradis du road trip ! Sans vouloir trop flirter avec l’envolée lyrique, ce pays ne cesse de nous surprendre avec des routes ahurissantes de beauté. En l’occurrence, l’E69 qui mène au Cap Nord.

  • LE NORDKAPP

Sincèrement, nous n’étions pas certain de la pertinence du trajet jusqu’au Nordkapp, et notamment jusqu’au site aménagé et accessible en voiture (la vraie pointe nord n’est accessible que grâce à une randonnée de 18 kilomètres). Sachez d’ailleurs que l’entrée sur le parking est payante, 550 NOK (58 euros) pour 24 heures. Mais comme nous avions commencé par l’extrême sud, autant aller jusqu’à son opposé, ne serait-ce que pour le clin d’œil, boucler la boucle, tout ça…

Et si nous avons un temps hésité, c’est parce que nous ne savions pas ce que nous réservait le trajet ! Depuis Alta, l’E6 nous a menés jusqu’à Olderfjord, une portion roulante, agréable, traversant des forêts, longeant des cours d’eau. Une simple mise en bouche, avant une deuxième moitié en apothéose.

C’est donc à hauteur de Olderfjord que nous avons rejoint la rive ouest du Porsangerfjord, pour le longer en direction de Honningsvåg. Ici, ce sont l’immensité du fjord et les falaises qui impressionnent, ces dernières ponctuées par des chutes d’eau et de jolies criques qui laissent apercevoir des collines verdoyantes baignées par la lumière de l’après-midi.

Vient finalement le clou du spectacle, de Honningsvåg au Cap Nord, une partie de route qui vous emmène dans les hauteurs (comprenez ici qu’on se trouve à 100 mètres au-dessus du niveau de la mer !) et traverse de magnifiques plaines vallonnées, où se promènent librement une multitude de rennes, où la végétation se limite à de l’herbe et quelques plantes basses. Du vert à perte de vue, ça monte, ça descend, ça tourne… Avec au bout du chemin, une vue sublime par beau temps.

  • DESTINASJON 71 NORD

Pour ceux qui voudraient passer un peu plus de temps sur l’île de Magerøya, Destinasjon 71°, à Honningsvåg, propose une multitude d’activités, dont un safari autour du King Crab, auquel nous avons été gentiment conviés.

On vous le dit tout net, ce safari n’est pas exactement le genre d’activité que nous préférons habituellement. Mais, dans un souci de transparence totale, nous voulions tout de même vous en parler. La sortie se résume ainsi : un tour en bateau pour relever un piège à crabes, les crabes sont ensuite tués et découpés sur place, puis cuisinés avant la dégustation dans un lavvu. Ce dernier moment était somme toute assez convivial, notamment grâce à la sympathie de notre guide Tadei. On a moins aimé le passage où certains touristes ont posé en tenant les crabes sur le point d’être tués, mais qui sommes-nous pour juger !

Quand bien même cette activité manquait un peu d’authenticité, elle a eu le mérite de nous apprendre beaucoup de choses sur ces décapodes géants (le plus grand pêché dans la zone de Honningsvåg avait une envergure de 2,5m !) qui envahissent très littéralement les côtes du nord de la Norvège.

Un invasion non contrôlée que les locaux tentent d’endiguer tant bien que mal : à l’ouest de la ville, les crabes de tous âges peuvent être pêches, tandis qu’à l’est il existe une restriction. Pourquoi doit-elle être endiguée ? Pour la simple et bonne raison que ces crabes n’ont, à la base, rien à faire dans la région. Originaires de Sibérie, ils y ont été introduits par les Russes (dans le fjord de Mourmansk) qui espéraient augmenter les recettes de la pêche. Sans prédateur naturel, les crabes ont proliféré au-delà de tout contrôle. Bien joué les gars !

D’un certain côté, le délicieux crustacé est depuis devenu une source de revenu quasiment intarissable pour le littoral nord de la Norvège, puisqu’il se vend à plus de 250 euros le kilogramme en France, à titre d’exemple. D’un autre côté, il est également une source de problèmes, puisque sa présence a bouleversé l’écosystème de la morue, le poisson star (après notre ami le saumon) de l’industrie de la pêche en Norvège. Les crabes ont en outre une fâcheuse tendance à détruire les filets de pêches. Bref, à part être délicieux, ils ne font pas grand chose pour s’intégrer…

Voilà qui conclut notre passage sur l’île de Magerøya ! Et croyez-nous, c’est bel et bien un endroit à découvrir, à la beauté ahurissante. Un de ceux, une nouvelle fois, dont il est difficile de s’arracher…

  • ATLI x SAARELA GARD

Mais, heureusement pour nous, nous avions prévu une autre petite visite bien sympathique pour enchaîner, chez Atli Konradsson, qui gère Saarela Gård (la ferme de Saarela, en français), l’un des très rares centres équestres du Finnmark (voire même du pays) situé à Lakselv. Cela dit, c’est aussi là que réside toute la beauté de la chose, dans l’exclusivité de l’activité ! Nous espérions ainsi aller explorer le coin accompagné d’un local pour nous guider…. Mais de guide, nous n’avons pas trouvé.

Non, pas de guide, mais un accueil des plus chaleureux au petit-déjeuner que nous avons partagé avec Atli, un Islandais (détail important) ancien biologiste marin spécialisé dans l’étude des baleines. Une reconversion étonnante, qui s’explique encore une fois par une expédition, en l’occurrence scientifique, dont il n’est jamais revenu. Comme quoi, relever des échantillons sur des rorquals peut changer le cours d’une vie !

Installé en Norvège, d’abord sur l’île de Rolvsøya, dont est originaire son épouse, puis à Lakselv en tant que professeur, c’est en 2008 qu’il a acheté ses deux premiers chevaux, eux aussi islandais. On vous avait dit que c’était important ! Car on ne parle pas ici de n’importe quels chevaux, mais de ceux des Vikings ! Des chevaux robustes, travailleurs, et un brin caractériels, mais surtout  résistants au froid grâce à leur robe épaisse et suffisamment compacts pour avoir été emmenés sur les drakkars quand les guerriers scandinaves sont partis coloniser l’Islande au 9ème siècle.

C’est désormais une dizaine de chevaux que compte Atli dans son école, et parmi lesquels il a pu choisir pour, on vous le donne en mille, nous laisser partir seuls en excursion pendant qu’il allait enseigner la journée. En toute confiance ! Nous en avons donc profité pour faire un aller-retour de quelques kilomètres jusqu’à la pointe du Porsangerfjord avant de revenir nous installer dans la maison laissée ouverte par notre hôte afin de travailler un peu de notre côté. Une journée qui ne pouvait se terminer autrement que par un invitation à dîner avec Atli et sa famille !

Outre l’hospitalité de notre hôte, Saarela Gård est décidément un endroit incontournable pour les amateurs d’équitation. Le centre est plutôt axé sur les sorties courtes, mais des excursions sur plusieurs jours sont également possibles, voire adaptables sur mesure (en s’y prenant à l’avance). Des stages pour enfants et adolescents sont aussi organisés l’été, incluant l’hébergement. Une immersion totale dans des paysages de rêve, que demander de plus ?!

CARNET DE ROUTE

Visit Nordkapp

Magerøya

Destinasjon 71° Nord

Sjøgata 2, 9750 Honningsvåg

Saarela Gård

Saarelaveien 1, 9700 Lakselv

Spot Dodo Lakselv

N 70°4’57.3708” E 24°54’58.68”

MAP AU JOUR LE JOUR #DYA2018 – EXPLORING NORWAY

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