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Un été grec

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Alors ça y est, c’est l’été, celui des cartes postales et des plages où lézarder. La Grèce et ses 30° quotidien soufflés d’un vent salvateur permettant de ne pas suffoquer. Ils sont loin les bonnets et anoraks du mois de juillet en Norvège. Ici peu de vêtements, nous vivons en maillot de bain ! Moins de vêtements = moins de machines = moins de bazar ! Le van nous semble beaucoup plus grand car nous avons une pièce en plus : l’extérieur. Qu’il est bon de sortir sa table et ses chaises, de tirer un fil pour sécher les serviettes. Le monde est notre salon, et nous nous y plaisons.

© Bertrand Lanneau

© Bertrand Lanneau

Relativiser la route. Pendant ce roadtrip, et c’est plutôt évident, nous conduisons. Nous conduisons beaucoup. Sur plus de 4 mois de voyage, soit 134 jours, il n’y a que 4 jours où nous n’avons pas conduit. Que ça soit une conduite d’une demi-heure ou de 6 heures, nous conduisons chaque jour. Nous nous habituons aux longs trajets. Nous nous nourrissons du paysage portés par notre playlist, discutons, chantons, échangeons sur l’itinéraire à venir ou bien sur ce que nous venons de vivre. Lorsque le GPS, technologie bien plus utile que nous le pensions, affiche 2h30 de trajet ça ne nous paraît plus rien, la porte à côté ! Quand tu roules tous les jours et que ton record monte à 13h de route d’affilé (merci la Norvège) les distances de quelques heures ne nous font plus peur. Cela nous aidera à notre retour. Un weekend en Haute-Savoie alors que nous sommes à Bordeaux ? Aucun problème, nous arrivons ! Ces journées intenses de conduite rétrécissent les distances et nous rapprochent des gens.

© Bertrand Lanneau

© Bertrand Lanneau

La rentrée. Le temps coule des jours heureux quand on voyage si longtemps dans son camion aménagé. Le mois de septembre arrive, les cartables se multiplient autour de nous et sur les réseaux sociaux nous lisons les messages de nos proches qui marchent à reculons vers le bureau. C’est vrai, c’est « la rentrée », un moment important dans le rythme annuel. Et pour nous ça ne veut plus dire grand-chose. Notre tempo quotidien n’est pas brouillé par ses ondes-là. Nous gardons notre cap : rouler, visiter, écrire, photographier, profiter, vivre. Notre rentrée à nous est marquée par une nouvelle frontière, de la Bulgarie à la Grèce. De l’Europe de l’est à l’Europe méditerranéenne. Les eaux turquoises de la mer Egée nous tendent les bras. Le soir nous nous installons face à la mer, les ordi sur la table, le meilleur bureau du monde ! Je pense à tous ceux dont c’est la rentrée en ce moment. Notre rentrée est ensoleillée et nos bureaux sont à ciel ouverts. Des rentrées comme ça chaque année ? Nous signons tout de suite !

© Bertrand Lanneau

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Dans 10 jours nous ferons un crochet par la France pour être au mariage de Fred et Mel, comme promis à notre départ. Cela veut donc dire que plus de 4 mois se sont écoulés depuis que nous avons quitté Nantes. Difficile à le digérer. C’est comme si une faille spatio-temporelle nous avait engloutis. Comme nous nous sentons hors du temps, nous avons l’impression que le temps ne s’est pas non plus écoulé pour nos proches. Leurs vies se sont figées au 4 mai et tout reprendra son cours normal à notre retour, n’est-ce pas ? Et pourtant le mariage a bien lieu le 24 septembre. C’est donc que le temps s’est écoulé pour eux aussi. Ils ont passé les beaux jours de mai puis de juin, la fête de la musique, les deux mois d’été, la rentrée et maintenant ils attaquent l’automne. Absents de leurs quotidiens, il nous semble légitime, et un peu égoïste aussi, que rien d’important ne se soit passé pendant notre périple européen. Et pourtant un bébé est né, d’autres sont à venir, des fiançailles ont été annoncées, des maisons se construisent, et tout plein de nouveautés : projets, boulots, déménagements, rencontres… Leurs vies ont suivis leurs cours sans nous attendre… Quand il sera l’heure de notre retour, il nous faudra plonger tout entiers dans leurs vies riches de 6 mois supplémentaires. Il nous faudra affronter la réalité et redescendre de notre parenthèse de liberté. Nous espérons que ces 6 mois d’aventures nous aurons suffisamment armés pour que ce retour se passe au mieux. N’y pensons pas trop, il reste 1 mois et demi de voyage à vivre, vivons-le à fond.

© Bertrand Lanneau

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Au bout du bout de la Péninsule de Pélion il est une crique pleine de promesses. Du haut de notre sentier rocheux nous apercevons sa plage de galets bordée d’oliviers et ses eaux turquoises. Il ne nous en faut pas plus pour y descendre ! Mais une fois sur place nous découvrons qu’elle est jonchée de déchets. Nous ne pouvons nous installer sur cette plage sans faire quelque chose. En moins d’une heure nous avons rempli 5 gros sacs et ce n’est pas le dixième de ce qui nous entoure. Des bouteilles, des briquets, une télé, des ampoules, des tongs, des gobelets et toutes sortes de plastiques. Certains d’entre eux sont tellement abîmés par le temps, le vent et la mer qu’ils s’effritent sous nos doigts. Impossible de les ramasser. La colère passe et laisse place à l’incompréhension, la tristesse. Pourquoi l’homme est-il si destructeur, si irresponsable, si irrespectueux ? Comment ne pouvons-nous pas comprendre que ces déchets que nous créons, nous polluent en polluant l’environnement ? Les microparticules de plastique sont maintenant partout, dans l’air, dans l’eau, elles sont avalées par les animaux que nous mangeons, elles sont incorporées dans les plantes, fruits et légumes que nous consommons. Nous polluons nos plages et nous nous empoisonnons… Cette crique du bout du Monde aurait pu être une crique paradis, elle s’est avérée être une crique déchetterie. Elle nous a miné le moral mais nous a aussi conforté dans nos choix de vie au quotidien : manger sain, bio, local et tendre vers le « zéro déchet » en n’utilisant plus de plastique. « Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas », Coluche. Du bon sens à retrouver…

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© Bertrand Lanneau

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2 Comments

  1. Douget Roger & Pierrette says

    Laisser nos déchets dans la nature est irresponsable, ça par au papier de bonbon, à la canette vide, qu’on ne peut plus rapporter chez soi pour les mettre au tri, alors que les bonbons emballés plein la poche ne nous dérangent pas. En ville des provocateurs n’hésitent pas à déposer leur canettes vide à moins d’un mètre des poubelles. Les déjections de chiens non ramassées me hérissent le poil et salissent nos pauvres chaussures. Télés, frigos, même voitures sont abandonnés en pleine nature etc, Je voudrais que ces irresponsables essaient de faire celà en Suisse… (ce qui n’empêche pas les suisses de se mal comporter en France non plus, je crois qu’il pense que notre pays est un dépotoir géant et qu’ils peuvent se lâcher) Triste à pleurer.

  2. Stellux says

    Ravie pour vous et merci pour tous ces articles et photos riches ! Quelle sensualité Elsa sur la photo, j’aime beaucoup ! Eclatez-vous !

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